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  Date de la dernière modification : 6-02-2017

PAGET James PASTEUR Louis PINCUS Gregory
PARÉ Ambroise PELIZAEUS Friedrich PITTET Didier
PARKINSON James PEYRONIE François POTT Percival
PARROT Joseph PFEIFFER Richard Friedrich PRUSINER Stanley B


Sir James PAGET

    Chirurgien et pathologiste anglais, James PAGET est né le 11 janvier 1814 à Great Yarmouth (Ile de Wight), mort le 30 décembre 1899 à Londres. Ayant traversé un siècle qui a beaucoup marqué la connaissance des cancers, ce chirurgien y a contribué et a laissé son nom à deux maladies, l'une cancéreuse, l'autre susceptible de le devenir.
    Cette marque est à la hauteur de l'existence et des accomplissements de ce médecin qui fait ses études puis exerce au St-Bartholomew's Hospital de Londres. Il n'est pas seulement chirurgien mais aussi anatomopathologiste, remarqué pour ses qualités d'observation, servi par de rigoureuses méthodes de travail et une remarquable mémoire.

    Très grand travailleur (il examine les malades debout pour gagner du temps), aussi exigeant vis-à-vis de lui-même que pour ses collaborateurs, il ne néglige ni sa famille, ni ses amis parmi lesquels on trouve des savants, des poètes, des hommes politiques : Darwin, Huxley, Lister, Pasteur, Virchow, Florence Nightingale, George Eliot, Tennyson, Browning, Gladstone et des membres de la famille royale.
    C'est après sa retraite (anticipée à la suite d'une grave blessure à la main au cours d'une autopsie) qu'il publie les deux articles sur l'" osteitis deformans " (1876) et la " maladie de l'aréole " du sein (1894). Pour la première, parmi les cinq observations présentées trois comportent une dégénérescence maligne. Pour la seconde, il considère à tort qu'il s'agit d'un exéma susceptible de dégénérer secondairement.       Haut de page.


Ambroise PARÉ

    Fils d'un barbier de Laval, Ambroise Paré est né à Bourg-Hersent, près le Laval (Mayenne) en 1510, mort le 20 décembre 1590 à Paris.
    Il entre comme marmiton auprès de la comtesse de Laval puis devient l'apprenti de maître Vialat, barbier ordinaire du comte. En 1529, l'Hôtel-Dieu de Paris lui ouvre ses portes et lui offre la possibilité de pratiquer de nombreuses dissections. Durant trois années, Paré côtoie "tout ce qui peut être d'altération et maladies au corps humain". À la fin de ses études, il choisit, sans doute pour des raisons financières, de s'attacher au service du duc de Montejean, colonel général d'infanterie.
    L'année 1537 marque pour le jeune Ambroise le début d'une brillante carrière de chirurgien militaire.     
    Accompagnant le duc, il reçoit le baptême du feu à la bataille du Pas de Suse. Il y pratique la première désarticulation du coude et découvre que la poudre des arquebuses n'empoisonne pas les blessures comme on le croyait. Selon l'usage, les plaies faites par ce type d'armes, supposées vénéneuses, devaient être ébouillantées à l'huile et cautérisées au fer rouge.
    Un jour cependant, à cours de provision, Paré utilise en lieu et place de l'huile un mélange de jaune d'œuf, d'huile de rosat et de térébenthine. À sa plus grande surprise, les malades ainsi traités ne présentent plus les douleurs, inflammations et fièvres qui ne manquaient jamais d'accompagner le soin classique. Dès lors, il décide "de ne jamais plus brûler aussi cruellement les pauvres blessés". De sa campagne d'Italie, il ramène également la recette d'un baume - la fameuse huile dite "des petits chiens" - à base de chiots nouveau-nés bouillis dans l'huile de lys avec des vers de terre et de la térébenthine.

    "La méthode de traicter les playes faictes par hacquebutes et aultres bastons à feu et de celles qui sont faictes par flèches, dards et semblables" paraît en 1545. La même année, nouveau "fait d'armes" : en campagne à Boulogne, Paré sauve littéralement la face du duc de Guise. Le chirurgien réussit à retirer le fer d'une lance fichée sous l'œil droit du blessé, faisant montre devant tous de sa grande dextérité.
    Après la mort de François 1er en 1547, Paré retrouve à nouveau Paris où il pratique opérations, accouchements et réductions des fractures. Il élabore également sa technique de ligature des vaisseaux en remplacement des cautères mais doit attendre 1552 pour la mettre en œuvre. À cette époque, La France et l'Autriche entrent en guerre et Paré suit Rohan pour sa campagne dans l'Est. Au siège de Danvilliers, il doit amputer l'un des gentilshommes de l'armée du comte.
    Plutôt que d'appliquer le fer rouge pour éviter l'hémorragie, il tente sa nouvelle méthode et ligature les artères du blessé, qui se rétablira. À la mort de Rohan, tué près de Nancy, Paré entre au service du roi de Navarre puis à celui du roi de France Henri II qui le nomme chirurgien ordinaire. Désormais, la carrière de Paré sera intimement liée au destin des souverains de son pays.

  En 1553, on le retrouve prisonnier au siège de Hesdin et ne doit qu'à ses talents de chirurgien d'être finalement libéré. Cherchant une reconnaissance officielle, Paré décide d'obtenir le titre de docteur en chirurgie ; ses "confrères" tentent de s'y opposer mais l'appui du roi est le plus fort et il reçoit le bonnet tant convoité le 8 décembre 1554, sans avoir eu à passer les épreuves de latin.
    En 1561 et 1562, il publie deux autres ouvrages dont son Anatomie universelle du corps humain. Bientôt, c'est la consécration avec à sa nomination comme premier chirurgien auprès de Charles IX. Mais malgré sa nouvelle et haute charge, Paré est renvoyé au secours des armées, d'abord à Rouen, puis à Dreux et au Havre. Les guerres de religion opposant catholiques et protestants ont repris de plus belle, ensanglantant le pays pour les trente années à venir.

    Il a souvent été dit que Paré fut d'obédience huguenote et qu'il échappa au massacre de la Saint-Barthélemy grâce à son amitié avec le roi. De 1564 à 1566, Paré accompagne Charles IX en visite à travers la France et en profite pour débusquer de nouvelles pistes de recherches. Couronné en 1574, Henri III le garde auprès de lui en tant que premier chirurgien. Paré suspend alors les voyages pour se consacrer à la rédaction de ses livres.
    Il mourra le 20 décembre 1590 et sera enterré lors de grandes funérailles à l'église Saint-André-des-Arts de Paris. Celui qui avait osé répondre à Charles IX qui lui demandait de mieux le traiter que les pauvres de l'hôpital : "c'est impossible, Sire, parce que je les soigne comme des rois", laissait une œuvre entièrement dédiée au soulagement des souffrances de ses semblables.       Haut de page.

James W. PARKINSON

James W. PARKINSON    Médecin anglais et paléontologue amateur, James W. PARKINSON est né le 11 avril 1755 à Hoxton Square (Londres), mort le 21 décembre 1824 à Londres.

    James Parkinson était le fils de John Parkinson, pharmacien et chirurgien qui exerçait dans Hoxton Square, à Londres. En 1784 le nom de James PARKINSON est apparu sur une liste de chirurgiens approuvée par la Corporation de Londres. Le 21 mai 1783, il s'est marié Mary Dale de Carré Hoxton et ils ont eu six enfants. 
Parkinson a été membre de plusieurs sociétés politiques secrètes dont une qui aurait projeté d'assassiner le Roi George III. Entre 1799 et 1807 Parkinson a publié des nombreux petits travaux médicaux dont une recherche sur la goutte en 1895 et un rapport sur un appendice gangreneux avec péritonite en 1812. 

    En 1799 un travail appelé " Avertissements Médicaux" a aussi été publié. C'était le premier d'une série de travaux médicaux populaires par lesquels Parkinson visait l'amélioration de la santé générale et du bien-être de la population. Il est aussi à l'origine de l'amélioration des conditions de vie des aliénés dans les hôpitaux psychiatriques.
    Mais la publication la plus importante de Parkinson fut "Un Essai sur la Paralysie Tremblante" en 1817. Dans cet essai court Parkinson a montré que les symptômes de cette maladie constituaient une entité clinique. Plus tard, Jean Martin Charcot a ajouté la rigidité à la description clinique excellente de Parkinson et a qualifié la maladie de Parkinson de syndrome.

    S'intéressant beaucoup à la paléontologie, il fit de nombreux voyages à la recherche de fossiles et publia en 1804, le premier volume de ses "Restes Organiques du Monde Précédent". Les deuxième et troisième volumes ont paru respectivement en 1808 et 1811.
    Le 13 novembre 1797, Parkinson a rencontré plusieurs de ses amis, y compris Sir Humphrey Davy et George Greenough, à l'Auberge du Franc-maçon. Ensemble ils ont formé la Société Géologique de Londres dans laquelle Parkinson a contribué à de nombreuses publications, dont une étude géologique détaillée de la cuvette de Londres.       Haut de page.


Joseph Marie Jules PARROT

   Médecin français, né le 1 novembre 1829, à Excideuil en Dordogne, mort le 5 août 1883. Joseph Marie Jules Parrot, fils d'un médecin, est entré à l'École Polytechnique à Paris, puis en faculté de médecine. Il a obtenu son internat en 1852, et en 1856 un prix pour son travail sur le zona. Docteur en médecine en 1857, puis agrégé en 1860 et médecin des hôpitaux en 1862. 

    En 1867 il est transféré à l'Hospice des Enfants Assistés et devient l'un des pionniers de la pédiatrie. Il a décrit et a classé de nombreux désordres du nouveau-né et a consacré toute son attention au développement du cerveau et aux effets de la syphilis héréditaire sur le système nerveux et les autres organes du corps y compris les os, le foie et les poumons.
    Il a écrit le premier rapport sur le pneumocoque en 1881 avec Louis Pasteur. En 1876, après la mort de Paul Joseph Lorain (1827-1875), il obtient la chaire d'histoire de la médecine à la faculté de médecine, qu'il transforme bientôt en chaire de pédiatrie en 1879. Cette chaire a été établie à son hôpital, l'Hospice Enfants Assistés. Il a été élu membre de l'Académie de médecine en 1878.

    Anthropologiste enthousiaste, Parrot était l'un des fondateurs de la Société française d'Anthropologie et fut son président en 1881. Il a découvert une caverne à Excideuil, l'a explorée et en a écrit une description.       Haut de page.

Louis PASTEUR

    (Dole, 1822 - Marnes la Coquette, 1895). Chimiste et biologiste français. En 1854, il est nommé doyen de la faculté des sciences de Lille. De 1857 à 1863 : travaux sur les fermentations. Il découvre les microorganismes responsables, ainsi que les anaérobies.
    Il établit des méthodes scientifiques rigoureuses et affirme, en 1862, que la génération spontanée est une chimère. Pour éviter la dégradation des vins, il propose leur chauffage à 55°C (pasteurisation).  Puis il travaille sur la pébrine et la flacherie (maladies des vers à soie qui ravageaient les magnaneries). Après la guerre (1870 - 1871), il travaille sur la bière et démontre la façon de la préserver de l'altération par la technique de la pasteurisation. De 1870 à 1886, avec ses collaborateurs Chamberland et Roux, il découvre le rôle de la bactérie charbonneuse, le responsable de la septicémie gangreneuse (vibrion septique), la cause des furoncles et de l'infection puerpérale (staphylocoque et streptocoque).  

En 1879, il découvre le principe de la vaccination (travaux sur le choléra des poules) et réalise un vaccin contre le charbon, appliqué à l'homme en 1885.
 

    En 1888, il est placé à la tête de l'Institut Pasteur. Il a transformé les règles de l'hygiène en médecine, chirurgie et obstétrique.  
 
Les germes de l'air - PASTEUR, le savant révolutionnaire  
    C'est aujourd'hui une évidence pour tous : l'air qui nous entoure est porteur de germes, pour la plupart inoffensifs, mais dont certains sont responsables de graves maladies. Il a fallu, pour en arriver à cette conclusion évidente, les travaux et l'acharnement scientifique de Louis PASTEUR.  

PASTEUR et l'effondrement du mythe des générations spontanées (1860 - 1864)
   
    Au milieu du XIXe siècle, la croyance aux générations spontanées est générale en ce qui concerne les êtres infimes révélés par le microscope. (Au Siècle des Lumières, Buffon soutenait encore que les vers de terre naissaient spontanément du fumier !)  
    PASTEUR part de l'idée que l'atmosphère contient des germes. Pour s'en assurer, il invente selon son habitude, un procédé très simple : il fait passer un courant d'air dans un tube obstrué en son milieu par une simple bourre de coton. Il verse ensuite dans un verre concave un peu d'eau dont il imprègne le coton. Comprimant cette bourre dans ses doigts, il en fait tomber quelques gouttes sur une lame en verre puis laisse évaporer l'eau. Il observe alors, outre des fragments de laine, de coton, de suie, les agents vivants de la fermentation qu'il vient de découvrir les années précédentes.  

    En 1964, il considère que flottent dans l'air des microorganismes porteurs de maladies. Mais on lui objecte que le coton est un filtre suspect dès lors qu'il est une matière organique. Il remplace alors la bourre de coton par un filtre en amiante, matière minérale. Pour donner plus de poids à ses arguments, il perfectionne encore son expérience :  
    Il verse une infusion de matière organique limpide comme de l'eau distillée et très altérable dans un vase à long col droit. Il fait bouillir le liquide et le laisse refroidir. Quelques jours plus tard apparaîtront des moisissures ou "animalcules infusoires" dans le liquide. L'ébullition a détruit les germes, mais le liquide s'est altéré au contact de l'air qui a pénétré par l'ouverture du col.  
    Il refait la même expérience, mais avant de faire bouillir le liquide, il effile le col du ballon avec une lampe d'émailleur, l'étire et le courbe de telle sorte que l'ouverture non obstruée s'incline en direction du plan de la table où repose le ballon. Après ébullition et refroidissement, le liquide ne s'altère pas. Les germes ont été arrêtés sur la courbure du col et n'ont pu entrer en contact avec le liquide.  

    En 1878, PASTEUR présente à l'Académie de médecine, sa "Théorie sur les germes" en quinze propositions. Les chirurgiens qui suivirent ses conseils, constatèrent immédiatement une importante diminution de la mortalité chez les accouchées, les blessés et les opérés.
    Pasteur a débuté ses recherches sur la rage en 1880, à la mort d’un enfant à l’hôpital Sainte-Eugénie. Mais alors que l’étude de la virulence de la maladie avance, l’agent pathogène lui échappe encore. Il semble pourtant que la moelle infectée et desséchée protège de la maladie.

    Le 6 juin 1885, Pasteur reçoit la visite de Marie-Angélique Meister dont le fils Joseph a été mordu par un chien soupçonné de porter la rage. Il commence les injections et trois mois plus tard, l’enfant sauvé, Pasteur présente ses travaux à l’Académie des Sciences qui lui offre un accueil enthousiaste.

    Le 1er mars 1886, sur 350 personnes vaccinées, une seule est décédée. L’Académie propose alors de créer un établissement destiné à traiter la rage après morsure. L’Institut Pasteur naît en 1888. Outil de recherche, de formation et de soins, l’établissement s’exporte rapidement en Australie et au Viêt-Nam. Pasteur restera à la tête de l’Institut jusqu’à sa mort, le 28 septembre 1895.       Haut de page.


Friedrich PELIZAEUS

   Neurologiste allemand, né en 1850, mort en 1917 à Kassel. En 1885, il décrit une famille qui présente un nombre important de personnes avec un dysfonctionnement de la myélinisation du système nerveux central, lié à l'X (c'est-à-dire que le gène muté est sur le chromosome X et plus particulièrement sur sa partie spécifique).
    En 1910, il étudie le cerveau d'un individu de la même famille puis, avec son collègue Ludwig MERZBACHER, ils définissent une forme particulière de leucodystrophie qui portera leur nom : la maladie de Pelizaeus - Merzbacher qui, du fait de la localisation du gène responsable sur le chromosome X, apparaît essentiellement chez les hommes.       Haut de page.


François Gigot de la PEYRONIE

    Chirurgien français du roi de France Louis XV, qui a décrit, en 1743, la maladie qui porte son nom : la maladie de La Peyronie, caractérisée par une fibrose avec plaques qui apparaît au niveau de la verge. Il est né en 1678, mort en 1747.

   Il reçut en 1717 la survivance de la charge de premier chirurgien du roi, dont il hérita en 1736. Membre de la Société royale des Sciences de Montpellier, il s'acquit un grand prestige comme chirurgien major de l'armée sous les ordres du Maréchal de Villars. Louis XV le décida à se fixer à Paris. Il fut un chirurgien grand seigneur, favorisé par l'amitié de Louis XIV et de Louis XV, et ne cessa de travailler à la gloire de la chirurgie, notamment en participant à la création de l'Académie royale de Chirurgie en 1731. Il avait été anobli en 1721.       Haut de page.

Richard Friedrich Johannes PFEIFFER

    Médecin et bactériologiste allemand, né le 27 mars 1858 à Zdumy (Pologne), mort en 1945 à Bad Landbeck (Allemagne). On lui doit la découverte du bacille de Pfeiffer, de la méningite de Pfeiffer, du phénomène de Pfeiffer (ou bactériolyse), du test de Pfeiffer, entre autres.
    Il est reconnu pour ses travaux fondamentaux en bactériologie, notamment sur le phénomène de bactériolyse. E, 1892, il découvre le bacille Haemophilus influenzae et en 1896 : Micrococcus catarrhalis. Il fut un pionnier de la vaccination contre la fièvre typhoïde. 

   De 1875 à 1879, il étudie à la Kayser Wilhelms Akademie de Berlin, puis obtient son titre de docteur en médecine en 1880. Jusqu'en 1889, il va servir comme médecin et bactériologiste dans l'armée. Il a été l'assistant de Robert KOCH de 1887 à 1891, à l'Institut d'Hygiène de Berlin. En 1894, avec Robert KOCH, il participe à une expédition en Inde pour y étudier la peste. L'année suivante, il travaille sur la malaria en Italie. Parmi ses nombreux travaux, il faut citer la découverte du cycle des cocci, d'une méthode d'immunisation contre le typhus, la peste, le choléra, la découverte des endotoxines ...       Haut de page.


Gregory Goodwin PINCUS

    Endocrinologiste américain, né le 9 avril 1903 à Woodbine (New Jersey - États-Unis), mort le 22 août 1967 à Boston (Massachusetts - États-Unis).
    Le Dr. Gregory Pincus fut l'un des principaux scientifiques impliqués dans le développement du premier contraceptif oral. Les premières tentatives de mise au point d'un pilule contraceptive datent du début des années 1950, et Gregory Pincus, stimulé par Margaret Sanger, commence un programme de recherches à la Fondation Worcester, qu'il dirige à Boston. Il cherche à édifier une méthode contraceptive hormonale fondée sur la physiologie ovarienne pendant la grossesse. Durant la grossesse, l'ovulation cesse, ce qui peut être lié à l'augmentation de la sécrétion de progestérone : cette hormone pourrait servir de « contraceptif naturel ».

    Afin de tester cette hypothèse, Pincus et Chuey Chang administrent des doses élevées de progestérone à des lapines : l'ovulation est interrompue. Pincus administre du stilbestrol en première partie du cycle, puis de la progestérone au cours de la seconde partie. Cette séquence suspend la survenue des règles. Pincus préconise l'emploi de progestérone pendant trois semaines, et il suspend le traitement pour déclencher les règles et reprend le régime progestatif au cinquième jour. Hélas, l'expérience n'est guère concluante : 15 pour cent des femmes traitées continuent à avoir un cycle ovulatoire normal. 
    On ignorait alors que la progestérone, administrée par voie orale, est quasi inactive. Après de nombreux essais infructueux avec des dérivés de la testostérone (hormone mâle, le premier progestatif actif par voie orale, la noréthistérone, naît le 15 octobre 1951, synthétisé par George Rosenkrantz et Carl Djerassi, au sein de la filiale mexicaine des Laboratoires Syntex.

    L'équipe de Franck Colton, des laboratoires Searle, entreprend de synthétiser une autre série de dérivés de la progestérone. On y teste le norétynodrel, le plus actif des progestatifs, dépourvu d'activité androgénique. Les premiers essais sont difficilement interprétables, en raison d'une contamination chimique par un puissant estrogène, le 3-méthyléthinylestradiol. Sans le savoir, Pincus avait étudié une association estroprogestative. Sous le nom de mestranol, cet ester sera, par la suite, effectivement adjoint au norétynodrel à très faibles doses, car il permet de régulariser les règles.
    Sur les 221 femmes mariées recevant l'association, aucune n'eut de grossesse pendant la période de l'étude, sauf celles qui avaient interrompu le traitement. L'association des deux stéroïdes fut commercialisée en 1959 aux États-Unis. L'année suivante, l'indication de « contraception » était approuvée. La concentration fut diminuée de moitié lors de la commercialisation de l'Enidrel ® en France. Au fil des ans, une course au mini-dosage fut lancée. La recherche du « naturel » est restée une obsession constante des pharmacologues de la contraception. Recherche paradoxale, tant est artificielle la recherche de l'infertilité.       Haut de page.

PITTET Didier

Docteur Didier PITTET    - Médecin infectiologue et épidémiologiste, né le 20 mars 1957 à Genève, SUISSE. 
    - Il fait ses études au Collège Calvin puis à l'Université de Genève.
    - Il obtient son master d'épidémiologie à l'Université d'Iowa (Etats-Unis).
    - Devient chef du service "Prévention et contrôle de l'infection" aux Hôpitaux Universitaires de Genève.
    - En 2000, les résultats d'une étude menée par Didier Pittet (chute de 7 à 8% des infections nosocomiales) sont  
      publiés dans "The Lancet".
    - À partir de 2002, les pays qui utilisent la SHA sont de plus en plus nombreux et, en 2005, l'OMS demande au Dr.
      PITTET d'universaliser sa stratégie. Avec des experts du monde entier, il met au point la recette idéale.
    - En 2007, il est fait Commandeur de l'Ordre de l'Empire Britannique et a depuis été distingué dans de nombreuses
      universités du monde.

    Avec le pharmacien William GRIFFIT, le docteur Didier PITTET (*) est le co-inventeur de la solution hydroalcoolique ou SHA, dont il a généralisé l'usage pour lutter contre les maladies nosocomiales. A noter qu'il a laissé dans le domaine public (OMS) cette recette qui aurait pu le rendre très riche.
    La SHA est mille fois plus efficace qu'un savon antiseptique et son usage est beaucoup plus rapide car ne nécessite pas de rinçage. Aujourd'hui (2015), on estime à 8 millions le nombre de décès évités chaque année dans le monde par la SHA.       Haut de page.


   
Percival POTT

    Chirurgien anglais né en 1713 à Londres, mort en 1788. Sir Percival POTT a laissé son nom à la tuberculose vertébrale (mal de Pott) et a décrit l'un des premiers cancers professionnels. C'est en 1775 qu'il présente, dans un chapitre de son ouvrage Chirurgical observations, un rapport sur le cancer du scrotum observé chez des hommes (de 20 à 50 ans) qui ont été ramoneurs dans leur jeune âge.
    Contrairement à l'opinion qui fait de cette maladie une atteinte vénérienne en raison de son siège, il l'attribue à la suie et aux goudrons ayant imprégné leurs vêtements et les plis de la peau recouvrant les testicules. Il propose de la traiter par une excision chirurgicale précoce, avant qu'elle ne se soit étendue et propagée aux testicules et aux ganglions de l'aine voisins.

    La cause qu'il défend – et qui sera démontrée plus tard par le badigeonnage de peau d'animaux avec des goudrons est accueillie avec réserve, surtout de la part des patrons ramoneurs, mais Pott va se battre pour améliorer les conditions de travail d'enfants, parfois très jeunes et vendus par leurs parents, qui étaient exposés à bien d'autres risques dans des cheminées étroites et sinueuses.
    La première loi sur cette activité (Chimney-Sweeper's Act) est promulguée en 1788, mais il faudra attendre le début du XXe siècle pour voir disparaître ce cancer professionnel, plus à cause de la disparition des enfants circulant à l'intérieur des cheminées que grâce à l'application de la législation.       Haut de page.


Stanley B. PRUSINER

    Américain, né en 1942, professeur de biologie à l'Université de Californie à San Francisco, prix Nobel de médecine en 1997, nommé Docteur honoris causa de l'Université de Liège le 20 septembre 2000.
    Dans ses "attendus", l'institut Karolinska déclarait que les travaux "pionniers" du chercheur ont été essentiels dans la découverte du rôle des protéines infectieuses, ces particules nocives étant "capables de provoquer chez l'homme des démences". Parmi celles-ci, on notera la maladie d'Alzheimer, la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) ou l'Insomnie fatale familiale (FFI).  

    Stanley Prusiner a entamé ses recherches sur les prions en 1972. Dans l'évolution de ses travaux, une première étape décisive avait été franchie en 1984. Il découvre alors qu'une protéine présente chez l'homme et l'animal, le prion, peut présenter deux formes distinctes : l'une normale et l'autre sous forme pathogène. Ne s'arrêtant pas là, il remarque par la suite que cette protéine pathogène contamine toute protéine saine, quand elles viennent à entrer en contact.  
    Les travaux scientifiques de Stanley Prusiner donnent dès lors "une base théorique pour le traitement des maladies à prions par des médicaments qui empêchent une protéine inoffensive de prendre des formes pathologiques", concluait l'institut.       Haut de page.      Retour à la page "Les Prions"
 

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