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Date de la dernière modification
:
19-05-2017


II - TRAITEMENTS ACTUELS, ESPOIRS

 

1 - Les diabètes non insulinodépendants (DNID)

    Les traitements de ces diabètes sont nombreux et variés. Ils dépendent évidemment du type de diabète, de son intensité, des caractéristiques du patient. Il faut également tenir compte de facteurs aggravants, tels l'hypertension artérielle, l'hyperlipidémie, le tabagisme, l'alcoolisme. 

a - L'alimentation

* Compte tenu du fait que ce type de diabète affecte encore essentiellement des adultes (mais aussi des adolescents) obèses, la surveillance alimentaire devrait être la règle, pour éviter toute surcharge glucidique ou lipidique, même occasionnelle.

* La diminution de l'obésité est impérative. Il est nécessaire et souhaitable de prendre des conseils auprès de diététiciens, qui ont une grande expérience des régimes hypocaloriques. 

b - Les exercices physiques

* Le principe est le même que pour l'alimentation. Il est déconseillé voire dangereux de se lancer dans des exercices physiques soutenus et réguliers sans avoir préalablement consulté un médecin. L'exercice physique, toujours souhaitable, doit impérativement être adapté à son profil.

* La lutte contre l'obésité et un diabète non insulinodépendant ne doit pas être entreprise sans un suivi médical et nutritionnel.

c - Les médicaments autres que l'insuline

* Il existe plusieurs types de médicaments, en fonction de leur action. Certains d'entre eux ont pour rôle de stimuler une production d'insuline éventuellement défaillante, d'autres vont diminuer l'insulinorésistance, alors que certains vont limiter l'absorption du glucose (passage de l'intestin dans le sang. Une différence importante avec le diabète de type I est que les malades ne seront pas forcément obligés de suivre un traitement à vie. 

* Parmi ceux qui stimulent la production d'insuline, les principaux médicaments prescrits sont : Diamicron (gliclazide), Daonil (glibenclamide), Glibénèse, Ozidia et Minidiab (glipizide), Glucidoral (carbutamide), Glutril (glibomuride), entre autres.

Extraits du VIDAL :
    "Ces médicaments (cités ci-dessus) ne sont pas adaptés au traitement du diabète insulinodépendant : celui-ci requiert un traitement par injections d'insuline. Un sentiment de malaise associé à des sueurs froides, une fringale, une accélération du cœur sont les signes habituels d'une hypoglycémie, due à un effet excessif du médicament. Cette hypoglycémie peut également se traduire par des troubles du comportement qui doivent alerter votre entourage, voire des convulsions ou un coma. En présence de ces signes ou en cas de simple doute, buvez une boisson sucrée ou mangez du sucre. Si le diabétique est inconscient, surtout ne lui donnez rien à boire, ne lui injectez aucun médicament et appelez votre médecin ou à défaut le 15 ou un service d'urgence.

   Des analyses de sang régulières permettent à votre médecin d'adapter la posologie. N'augmentez pas la posologie sans avis médical : consultez rapidement votre médecin en cas de malaises hypoglycémiques répétés.
    Certaines situations peuvent contribuer à augmenter la glycémie : infections, prises de médicaments, stress. En cas de soif intense, de grande fatigue, de sensation de malaise général, consultez rapidement votre médecin.
    L'absorption de boissons alcoolisées pendant le traitement expose à des effets indésirables gênants : effet antabuse.
Conducteur : une hypoglycémie peut entraîner un malaise pendant la conduite ou l'utilisation de machines."

   Les médicaments qui diminuent l'insulinorésistance sans stimuler la production d'insuline : Glucophage, Glucinan, Stagid, . . . qui contiennent tous de la metformine. ATTENTION : la prise de metformine nécessite un contrôle rénal régulier et ne peut être faite qu'en l'absence totale d'acidocétose.

Extraits du VIDAL :
    "Ces médicaments exposent à un risque de complication exceptionnelle et grave : l'acidocétose lactique. Celle-ci est favorisée par la présence d'une insuffisance rénale, même modérée, ou d'une insuffisance hépatique grave. Toute insuffisance rénale préexistante ou apparaissant sous traitement (notamment chez la personne âgée qui se déshydrate) contre-indique l'utilisation ou la poursuite de la prise de ces médicaments.
    Certaines situations peuvent contribuer à augmenter la glycémie : infection, prise de médicaments, stress. En cas d'apparition d'une sensation de malaise général, consultez rapidement votre médecin.
    En cas d'examen radiologique nécessitant l'administration de produit de contraste par voie intraveineuse, la prise de ces médicaments devra être interrompue 48 heures avant et être reprise 48 heures après".

   La 3e catégorie de médicaments agit localement dans l'intestin grêle en retardant et en diminuant l'absorption des glucides formés de plusieurs molécules, comme le saccharose ou les amidons, sans agir toutefois sur les sucres simples (oses) comme le glucose. Ces médicaments sont associés au régime alimentaire des diabétiques et peuvent aussi être couplés aux autres antidiabétiques et aux sulfamides hypoglycémiants. Parmi eux : Glucor (acarbose) et Diastabol

d - L'insulinothérapie

   Il peut arriver que les médicaments oraux, même associés et pris à leurs doses maximales, cessent progressivement d'agir, ou que leur action ne suffise plus à maintenir une glycémie acceptable. Le diabète de type II nécessite maintenant une insulinothérapie : il est devenu insulino-requérant. Aujourd'hui en France, seuls 10% environ des DNID sont traités à l'insuline. Cette faible proportion tient à une résistance injustifiée des patients face à l'insulinothérapie, alors que nombre d'entre eux nécessiteraient un tel traitement.

2 - Le diabète insulinodépendant (DID) ou de type I

   Les recherches actuelles portent sur trois grands axes : l'amélioration de la pureté et des performances des insulines, proposer aux diabétiques des moyens d'injection de plus en plus confortables, sûrs et efficaces, les greffes d'îlots de Langerhans.

a - Les différentes insulines

  * Chez une personne non diabétique, l'insuline est sécrétée juste après un repas (période postprandiale), permettant la mise en réserve du glucose excédentaire dans les cellules hépatiques et musculaires. Puis son taux diminue, permettant une libération lente et constante du glucose. Ce pic postprandial nous permet de ne faire que 3 repas par jour, alors que nos cellules ont un besoin en glucose constant sur une période de 24 heures.

   * Depuis 1980, l'insuline produite par génie génétique (bactéries) a remplacé les insulines de bœuf et de porc. Fabriquée à partir du gène humain de l'insuline introduite dans les bactéries, c'est réellement de l'insuline humaine qui est disponible aujourd'hui dans les pharmacies.

   * À partir de 1985, les stylos injecteurs ont grandement facilité la vie des diabétiques qui n'étaient plus obligés d'utiliser les seringues.

   * Selon les pathologies, les diabétiques ont à leur disposition :  

     - L'insuline dite de Banting et Best (les découvreurs) qui a une action rapide (15 minutes après l'injection) mais d'une durée limitée : 4 à 6 heures. Cette insuline est aussi appelée insuline simple et est parfaitement limpide.

     - Une insuline à action intermédiaire, dont l'action ne débute qu'après 30 à 45 minutes, pais qui a l'avantage d'agir pendant 1à à 16 heures. C'est une insuline retard qui se présente sous forme de cristaux associés à du zinc. C'est la présence de ce métal qui permet à l'insuline de rester sous forme cristallisée et donc de se dissoudre progressivement sous la peau. Ces préparations sont plus ou moins laiteuses : ce sont des suspensions. Selon la taille des cristaux, la durée d'action peut aller jusqu'à 36 heures. Aujourd'hui encore, cette insuline n'est utilisable qu'en injection avec une seringue.

     - Les insulines NPH : (Neutral Protamin Hagedorn) du même type que la précédents, mais leur action est plus importante pendant les 5 à 6 premières heures. Par contre, leur propriété retard est due à l'adjonction de protamine et elles sont parfaitement stables. De ce fait elles peuvent être utilisées dans les stylos.

   * Plusieurs laboratoires travaillent actuellement sur des molécules d'insuline modifiées, qui ont la propriété de ne pas s'accrocher les unes aux autres et donc une action plus rapide et efficace. Certaines sont déjà commercialisées.

   * Le but d'une insulinothérapie bien conduite est d'obtenir une situation identique, pour le malade, à l'absence de diabète. Les traitements actuels ont tendance à mélanger différents types d'insuline, de façon à éviter à la fois une glycémie supérieure à 1,7 g/L (seuil à partir duquel les néphrons rénaux laissent passer du glucose dans l'urine) mais aussi une hypoglycémie résultant d'un excès d'insuline dans le sang.

   * Important : depuis le 30 mars 2000, toutes les insulines sont dosées à 100 U/mL (tous les conditionnements à 40 U/mL ont disparu).

   b - Les moyens d'injection et de surveillance

   L'un des buts recherchés par les équipes techniques et médicales, est de permettre une surveillance constante et le moins contraignante possible de la glycémie. Si la piqûre reste encore le moyen le plus utilisé pour prélever et tester une goutte de sang, plusieurs nouvelles techniques font l'objet de recherches soutenues, notamment  pour la mesure du glucose par des capteurs optiques (rayon de lumière traversant la peau), ou par ionophorèse (mesure des ions à travers la peau).

   c - L'espoir des greffes

   Pour permettre aux diabétiques (type I) de retrouver une meilleure qualité de vie, des techniques de greffes existent, mais elles sont tributaires de nombreux facteurs : pancréas disponibles en nombre insuffisant, nécessité d'un traitement immunosuppresseur lourd, dégénérescence du greffon à long terme etc. Outre la greffe totale de pancréas, il existe aujourd'hui une technique prometteuse, mais encore à l'état expérimental : la greffe d'îlots de Langerhans, c'est-à-dire de cellules productrices d'insuline.

   Dans un pancréas humain, il y a environ un million d'îlots, d'une taille de 50 à 100 µm (microns) et possédant chacun environ un millier de cellules ß productrices d'insuline. La phase la plus délicate est la préparation des îlots à injecter (c'est-à-dire le greffon). Dans une première étape, le pancréas doit être digéré par une enzyme qui n'attaque pas les îlots : la collagénase. Étape suivante : une centrifugation permet de séparer les différents constituants et on obtient alors une préparation d'îlots atteignant 95% de pureté, qui pourra être mise en culture, congelée ou injectée directement.

   La greffe proprement dite consiste à injecter la solution contenant les îlots (pour un rendement optimal, il faut prévoir 6 000 à 10 000 îlots par kg de poids de receveur) dans la veine porte hépatique. Ces îlots se répandent et s'installent dans le foie et commencent à produire progressivement de l'insuline après quelques heures. Les résultats après un an sont actuellement de 8 à 18% d'insulino-indépendance selon les équipes qui ont pratiqué les greffes.

   D'autres recherches en cours portent sur l'encapsulation des cellules productrices d'insuline, ce qui permettrait de diminuer les réactions du système immunitaire et donc de réduire les traitements immunosuppresseurs. 

Autre voie toute aussi intéressante de la recherche : 2 protéines CTLA4-ig et 5C8 agissent sur les LT (lymphocytes T) auto-réactifs impliqués dans les maladies autoimmunes, en les inhibant. Des essais sont menés, consistant à injecter ces protéines en même temps que les îlots de Langerhans. On cherche ainsi à faire en sorte que ces îlots soient reconnus comme "soi" et ne déclenchant plus de réaction immunitaire, avec l'espoir de diminuer considérablement, voire de supprimer complètement l'utilisation de traitements immunosuppresseurs.

   En septembre 2010, un essai clinique de l’unité Inserm 859 "Biothérapies du diabète" dirigée par François PATTOU (Université de Lille-Nord de France, CHRU de Lille) portant sur une greffe d'îlots de Langerhans a été réussie chez une patiente, par simple injection dans les muscles de l'avant-bras. Un an après la greffe, ces îlots, provenant de la malade elle-même, ont été progressivement revascularisés et fonctionnent tout à fait correctement. En collaboration avec l’équipe de Freiburg (Allemagne), les chercheurs de l’Unité Inserm 859 sont également parvenus à visualiser les cellules greffées à l’aide d’une nouvelle scintigraphie utilisant un radiomarqueur spécifique. A suivre.

(Voir aussi la rubrique : VI. Annexes)

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