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Dernière modification : 9-06-2020

Hélice, hélic(o)-     Du grec helix [hélice, hélic(o)-], spirale. Le mot hélice est aussi tiré du latin helix, icis, et désigne plus spécialement une courbe dans l'espace, alors que le mot spirale représente en principe une courbe plane. Mais on parle aussi d'un escalier en spirale.


Hélicase - Hélice α (alpha) - Hélice de Watson et Crick - Hélicine - Hélicine (artère) - Helicobacter pylori - Hélicoïdal - Hélicopode - Hélicotrème -

Hélicase
Biochimie, biologie moléculaire  -  [Angl. : Helicase]  N. f.   * hélic(o)- : du grec helix [hélice, hélic(o)-], spirale ; * ase : du suffixe -ase, -asie, qui signifie enzyme, synonyme de diastase. 
    La réplication de l'hélice d'ADN (représentée "à plat" sur les schémas) commence avec le déroulement et la séparation de ses deux chaînes grâce à la rupture des liaisons hydrogène, sous l'action de l'hélicase, une enzyme qui coupe ces liaisons hydrogène. L'énergie nécessaire pour séparer les 2 brins vient de l'hydrolyse de l'ATP (adénosine triphosphate). Les deux brins séparés ont tendance à se réassembler, mais des protéines appelées SSB-protéines (Single-Strand Binding protein ou protéines de liaison à l'ADN simple brin) liant les simples brins et y restant attachées empêchent cette réassociation.
    Ces séparations se produisent simultanément à plusieurs endroits de la molécule au niveau des "yeux de réplication". Lorsque la séparation est effective, chaque brin de la molécule mère va servir de matrice pour la synthèse d'un brin complémentaire (à raison d'environ 50 nucléotides par seconde), grâce à l'ADN polymérase, ce qui va produire finalement 2 hélices filles. L'information génétique est ainsi dupliquée dans son intégralité, de façon que deux doubles hélices complètes d'ADN soient formées, chacune ayant une séquence nucléotidique identique à celle de l'hélice d'ADN parentale qui a servi de matrice.
    C'est parce que chaque molécule d'ADN fille est constituée d'une chaîne d'origine et d'une chaîne complémentaire synthétisée que l'on a qualifié cette réplication de semi-conservative.    ADN initial    Déroulement et séparation des 2 brins    ADN final        Haut de page

Hélice α (alpha)
Biochimie, biologie moléculaire
  -  [Angl. : Alpha helix]  N. f.   * hélic(o)- : du grec helix [hélice, hélic(o)-], spirale ; * ase : du suffixe -ase, -asie, qui signifie enzyme, synonyme de diastase.  
    Au niveau des ribosomes du cytoplasme, des acides aminés sont assemblés par des liaisons peptidiques. La première molécule complexe qui se forme est un polypeptide qui représente la structure primaire d'une  protéine.
Un tel polypeptide peut comporter de quelques dizaines à plusieurs milliers d'acides aminés. Parmi les différentes structures secondaires observées figure l'hélice alpha. C'est un enroulement particulier en hélice simple de cette chaîne polypeptidique.   Une hélice alpha         Haut de page

Hélice de Watson et Crick
Biochimie, biologie moléculaire
  -  [Angl. : Double helix of Watson & Crick]  N. f.  Acide désoxyribonucléique. * hélice : du grec helix [hélice, hélic(o)-], spirale ; * James WATSON : (1) ; * Francis CRICK (2). 
    Découvert et modélisé par WATSON et CRICK, l'ADN ou acide désoxyribonucléique (* acide : du latin acidus [acido-], d’une saveur piquante * dés : du préfixe latin de- [dé-,  dés-], marquant une idée de séparation, de privation * oxy : du grec oxos [oxy-, -oxydation] : relatif à l'oxygène * ribo : le mot ribose serait le résultat d'une altération de arabinose, lui-même dérivé de la gomme arabique, ainsi nommée à cause de l'usage qu'en firent les médecins arabes * nucléique : du latin nucleus [nucléo-, -nucléaire, nucléique], noyau) est formé de 2 chaînes de désoxyribonucléotides antiparallèles, reliées entre elles par des liaisons hydrogène entre les bases azotées.
    C'est un acide nucléique, situé dans le noyau des cellules et qui contient les informations génétiques. Les quatre nucléotides, sous unités de l'ADN, contiennent les bases azotées adénine (A), guanine (G), cytosine (C) et thymine (T). Les bases s'assemblent selon une complémentarité exclusive : A s'apparie uniquement avec T, et G avec C.  Le rôle fondamental de l'ADN est de stocker l'information génétique. 

    L'ADN est le matériel dépositaire des caractères héréditaires, la mémoire du code génétique des êtres vivants. Le matériel génétique de l'ADN peut servir à être reproduit tel quel (lors de la réplication) ou traité en vue d'élaborer de nouvelles molécules nécessaires au métabolisme des cellules (durant les opérations de transcription et de traduction).

(1) James WATSON : Biologiste américain, né en 1928 à Chicago. En 1950, Watson rejoint les "Cavendish laboratories" au moment où Francis Crick, Maurice Wilkins, Rosalind Franklin et Linus Pauling travaillaient sur la détermination de la structure de l'ADN.
- En 1956, il devient professeur à l'Université de Harvard.
- En 1968, Watson prend la direction du "Cold Spring Harbor Laboratory", où il développe en particulier la recherche sur les bases moléculaires du cancer. Il dirige alors parallèlement deux laboratoires (l'un à Harvard, l'autre à CSH), jusqu'en 1977 où il renoncera à celui d'Harvard.
- En 1988, dans le cadre du "Projet Génome Humain", il se voit confiée la direction du programme Génome Humain du National Institutes of Health (qui allait devenir l'année suivante le NCHGR : National Center for Human Genome Research of the National Institutes of Health).
- Il en démissionne en 1992, lorsque le NIH manifeste la volonté de prendre des brevets sur des séquences partielles d'ADN humain. Il est actuellement président du CSHL. CRICK et WATSON ont commencé leur collaboration en 1951.

(2) Francis CRICK : Biophysicien anglais (né à Northampton en 1916 - mort à San Diégo (Californie) le 28 juillet 2004). Francis Crick suit ses études de physique à l'Université de Cambridge où il obtient son doctorat. Il travaille un temps à l'University College de Londres, avant d'accepter, en 1949, un poste au Cavendish Laboratory auprès de Max Perutz et Laurence Bragg. Là, il apprend à utiliser la cristallographie aux rayons X pour déterminer la structure de l'hémoglobine. 
- En 1951, Jim Watson rejoint l'équipe du laboratoire. Plus jeune de douze ans, Watson est séduit par le regard de physicien que Crick pose sur les problèmes de biologie. Ils décident tous deux de se consacrer à l'étude de l'ADN en se basant sur les travaux de Maurice Wilkins, biophysicien néo-zélandais, qui avait montré par cristallographie aux rayons X que l'ADN était composé de structures en spirale se répétant.
- En 1953, Watson et Crick proposent un modèle de structure tridimensionnelle de l'acide désoxyribonucléique et imaginent du même coup le mécanisme qui régit la réplication de l'ADN. Ces travaux valent en 1962 un prix Nobel de médecine et de physiologie aux deux chercheurs qu'ils partagent également avec Wilkins.
- Après ces découvertes constituant le fondement de la biologie moléculaire, Crick se penche sur le déchiffrage du code génétique qui sera élucidé en 1966.
- Il se tourne ensuite vers la biologie du développement avant d'entrer en 1973 au Salk Institute for Biological Studies (Californie) pour participer à des recherches en neurobiologie.    Structure bicaténaire de l'ADN    Squelette d'une chaîne d'ADN    Structure "en échelle" de l'ADN    
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Hélicine
Pharmacologie, pneumologie  -  [Angl. : Helicine]  N. f.   * hélic(o)- : du grec helix [hélice, hélic(o)-], spirale ; * ine : du suffixe -in, -inal(e),  -ine, -inine, servant à transformer un mot ou un adjectif en un autre mot ou substantif.  
    Extraite du mucilage des limaçons et escargots, l'hélicine est une substance qui a été utilisée autrefois dans le traitement de certaines maladies pulmonaires et en particulier la phtisie pulmonaire.
    Extrait de "Journal de Pharmacie et des Sciences Accessoires contenant le Bulletin des Travaux de la Société de Pharmacie de Paris" - Tome Vingt-Sixième - 1840 : "En traitant par l'éther la chair des escargots ainsi dépouillée du mucilage, M. Figuier en a retiré une matière huileuse qui, selon lui, concourt presque seule aux propriétés médicinales des escargots. Il lui a appliqué le nom d'Hélicine, bien que certainement cette matière soit de nature complexe.
    L'hélicine est huileuse, transparente, très légèrement colorée en jaune
, d'une odeur toute particulière, d'une saveur désagréable caractéristique ; l'alcool la dissout très bien, les alcalis la saponifient et les acides la séparent, douée d'une odeur plus forte encore, ce qui semble annoncer dans l'hélicine une matière analogue à l'hircine, à la phocénine. M. Figuier a découvert du soufre dans l'hélicine ; il en porte la quantité à 1,4 p. 100, et il tire de cette observation la conséquence que 'hélicine, comme il arrive pour beaucoup d'autres matières soufrées, doit avoir action sur les maladies de poitrine, et qu'elle doit être comptée pour beaucoup dans les effets médicamenteux de l'escargot ; et comme il n'a trouvé que des traces de soufre dans le mucus de l'animal, il admet que celui-ci est inerte, et que tout l'effet produit doit être rapporté à l'hélicine, opinion qui paraîtra sans doute un peu exagérée."       Haut de page

Hélicine (artère)
Anatomie  -  [Angl. : Helicine artery]   Adj.   * hélic(o)- : du grec helix [hélice, hélic(o)-], spirale ; * ine : du suffixe -in, -inal(e),  -ine, -inine, servant à transformer un mot ou un adjectif en un autre mot ou substantif.  
    Les artères hélicines, ainsi appelées du fait de leur forme spiralée
, se trouvent dans les tissus érectiles du pénis. Au fort grossissement, le tissu érectile est constitué de larges lacunes vasculaires ou sinus caverneux séparées par des travées de tissu conjonctif fibroélastique qui contient des fibres musculaires lisses.
    Ces lacunes sont bordées par un endothélium vasculaire. Les sinus sont irrigués par de nombreuses artères et artérioles à paroi épaisse, les artères hélicines.        Haut de page

Helicobacter pylori
Bactériologie, infectiologie  -  [Angl. : Helicobacter pylori]  N. m.   * hélic(o)- : du grec helix [hélice, hélic(o)-], spirale ; * bacter : du latin bacterium, créé en 1838 sur le grec baktêria [bactéri(o)-, bactérien], bâton, relatif aux bactéries ; * pylori : du grec pulôros [pylor(o)-, -pylorique], qui garde la porte ; orifice de sortie de l’estomac.  
    Helicobacter pylori est un hôte du tube digestif de l'homme : estomac et duodénum (première partie de l'intestin grêle qui fait suite à l'estomac). Cette bactérie est responsable d'infections chroniques, notamment des gastrites, des ulcères gastroduodénaux, mais aussi de certains cancers et du lymphome du type MALT (mucosa-associated lymphoid tissue).
    Helicobacter p. fait partie des bactéries
à Gram négatif, présente une forme incurvée et son rôle pathogène a été mis en évidence par deux médecins australiens : Robin WARREN et Barry MARSHALL en 1984, ce qui leur a valu le prix Nobel de médecine en 2005.      Haut de page

Hélicoïdal
Anatomie, otologie  -  [Angl. : Helicoid, helicoidal]   Adj.  * hélico : du grec helix [hélice, hélic(o)-], spirale ; * oïdal : du grec eidos, [-oïde, -oïdal, -oïdien], qui a l’apparence.  
    L'adjectif hélicoïdal caractérise ce qui est en forme de spirale ou qui y ressemble.       Haut de page

Hélicopode
Neurologie, orthopédie et réadaptation fonctionnelle -  [Angl. : Helicopod gait]   Adj.  * hélico : du grec helix [hélice, hélic(o)-], spirale ; * pode : du grec pous, podos [pod(o)-, -pode, -podie], pied.  
    La démarche hélicopode est caractérisée par le fait que le patient projette son pied en traçant un demi-cercle, un peu comme s'il fauchait, en trainant son pied après lui en raclant le sol. Cette pathologie est observée dans certaines formes d'hystérie, dans lesquelles le déficit moteur n'atteint ni les réflexes, ni le tonus musculaire qui restent intacts. L'hystérique se comporte comme s'il était paralysé, en vertu d'une intention inconsciente de ne pas mouvoir le membre qu'il croit paralysé.       Haut de page

Hélicotrème
Anatomie, otologie -  [Angl. : Helicotrema]   N. m.  * hélico : du grec helix [hélice, hélic(o)-], spirale ; * trème : du grec trêma [-trème], trou, orifice.  
    L'hélicotrème, connu aussi sous le nom de hiatus de Scarpa ou hiatus de Brechet, est une ouverture qui met en communication le sommet du limaçon avec les rampes tympanique et vestibulaire.   Schéma de l'oreille externe, moyenne et interne           Haut de page