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Dernière modification : 3-11-2020

Mots, expressions     Etymologie, définition.


Magnocellulaire - Maïeuticien - Maïeutique - Martiale (carence) - Martiale (fonction) - Martial - Masochisme - Masochiste - Mélalgie - Mélalgie nocturne - Méplat - Mérycisme - Mimétique - Mimétisme - Mimique - Mitroaortique - Modérateur - Mofenson - Molluscum - Molluscum contagiosum - Molluscum fibrosum - Molluscum lipomatodes - Molluscum pendulum - Molluscum verrucosum - Molybdate - Molybdène - Molybdénite - Morula - Morve - Muguet - Myrmécie - Thérapeutique martiale

Magnocellulaire
Neurologie, anatomie, cytologie, endocrinologie  -  [Angl. : Magnocellular]   Adj.  * magno- : du latin magnus, grand ; * cellulaire : du latin cellula, dim. de cella [cellul(o)-, -cellulaire], chambre ; racine des termes relatifs à la cellule.  
    L'adjectif magnocellulaire caractérise des noyaux ou groupes de neurones sécrétoires, situés dans l'hypothalamus. Petit rappel sur le système porte hypothalamohypophysaire pour mieux comprendre.   Schéma du système hypothalamus-hypophyse  

    Situés dans la partie latéropostérieure de l'hypothalamus, les noyaux parvicellulaires (parvi-, parvo- : du latin parvus, petit) regroupent des neurones dont les terminaisons axoniques sont en relation, dans la tige hypophysaire ou pituitaire, avec des capillaires veineux pelotonnés qui vont former la veine porte hypophysaire. Les sécrétions hormonales de ces neurones passent donc très rapidement dans le sang veineux (voir flèches bleu clair sur le schéma, au niveau de la tige hypophysaire) qui irrigue l'adénohypophyse ou antéhypophyse.
    Ces neurohormones vont ensuite stimuler, grâce à un deuxième réseau de capillaires, les cellules sécrétrices de l'antéhypophyse, qui produisent des hormones adénohypophysaires emportées dans le corps vers leurs cibles. On a constaté que ces noyaux hypothalamiques sont constitués de neurones à petit corps cellulaire, ce qui justifie leur qualificatif de parvicellulaires.

    En plus de ces noyaux parvicellulaires, il existe, dans la partie antérieure de l'hypothalamus, des noyaux (supraoptique, paraventriculaire...) qui sont formés de neurones eux aussi sécrétoires (ocytocine, vasopressine), mais de plus grande taille. Ils sont en relation directe avec la neurohypophyse ou posthypophyse où, grâce à un réseau capillaire artérioveineux, ils stimulent la sécrétion d'hormone neurohypophysaires. Ces noyaux à grosses cellules sont appelés noyaux magnocellulaires.
   On distingue également des noyaux appelés médiocellulaires car la taille des neurones (10 à 13 μm) est intermédiaire entre ceux des noyaux parvicellulaires (6 à 10 μm) et ceux des noyaux magnocellulaires (13 à 19 μm). Ils sont situés dans deux groupes de noyaux hypothalamiques, dorsal et postérieur.     Haut de page

Maïeutique   Maïeuticien
Obstétrique  -  [Angl. : Maieutics, Male mid-wife]   N. f.  * maïeutique : du grec maieutikê, art de faire accoucher. 
    La maïeutique est l'équivalent de l'obstétrique, art de suivre la grossesse, d'assister l'accouchement et d'assurer les soins du postpartum. Le terme de maïeuticien a été créé par l'Académie Française pour nommer la fonction d'un homme qui exerce le métier de sage-femme.     Haut de page

Martial, e, aux   Carence martiale   Martiale (fonction)   Thérapeutique martiale
Médecine générale, biologie  -  [Angl. : Martial, Martial deficiency, iron deficiency, Martial function, Martial therapeutics]  
Adj. L'adjectif martial peut prêter à confusion, du fait de ses deux sens différents.
    * On connaît bien martial comme "qui manifeste un goût certain pour la lutte, le combat" ou "qui encourage un tel état d'esprit". Dans ce cas, martial, e, aux, vient du latin martialis, de Mars, dieu de la guerre : arts martiaux, loi martiale ... 
    * En chimie, l'adjectif martial s'est imposé dès la fin du XVIIe siècle comme "qui contient du fer" et ce sens vient aussi du latin martialis, mais en rapport avec la planète Mars, du fait de sa couleur rougeâtre analogue à celle des oxydes de fer, ce métal étant celui avec lequel on forgeait les armes, le dieu Mars de la guerre n'est pas loin !
    De plus, les alchimistes de l'époque, tout autant astrologues,  aimaient bien donner des noms de planètes aux métaux (Mercure est un bel exemple).  La pyrite martiale est un minerai de fer. En médecine, il a gardé ce sens et une carence martiale signifie donc une carence en fer. On évoque d'ailleurs la fonction martiale du foie pour désigner la possibilité qu'il a de mettre en réserve le fer qu'il tire de l'hémoglobine. De même une thérapeutique martiale est le traitement d'une anémie par des apports de fer.     Haut de page

Masochisme   Masochiste
Psychiatrie psychologie  -  [Angl. : Masochism, Masochist]   N. m.  * masochisme : de l'écrivain Léopold Sacher-Masoch.
    Le masochisme est une perversion sexuelle dans laquelle le sujet masochiste se fait infliger des souffrances multiples par quelqu'un d'autre, souvent sadique, c'est-à-dire qui aime infliger des douleurs à une personne consentante. C'est l'œuvre littéraire de l'écrivain Léopold Sacher-Masoch qui a incité Krafft-Ebing à donner le nom de masochisme à cette perversion. Dans les années 1920, Freud a montré que le sadisme et le masochisme s'enracinaient dans des pulsions de mort.     Haut de page

Mélalgie    Mélalgie nocturne
Algologie, angiologie  -  [Angl. : Melalgia, peripheral vascular disease]   N. f.  * mél(o)- : du grec melos [mélo-, -mèle, -mélie, mélique], relatif au membre ; * algie : du grec algos [alg(o)-, -algie, -algique], douleur.
    Toute douleur ressentie au niveau d'un membre, quelles qu'en soient sa localisation et son intensité, peut être qualifiée de mélalgie. On connaît surtout les mélalgies nocturnes qui, comme leur nom l'indique, se produisent essentiellement la nuit et affectent le plus souvent les membres inférieurs. En général, ces douleurs correspondent à un problème vasculaire.    Haut de page

Méplat
Anatomie  -   [Angl. : Meplate]   N. m.   * - : préfixe tiré de la particule négative et péjorative francique missi, * plat : du grec platus [platy-], large et plat.
    En anatomie, un méplat caractérise une surface ou une structure qui a plus de largeur que d'épaisseur, ou une partie relativement plane d'un corps, comme les méplats du visage par exemple.     Haut de page

Mérycisme
Pédiatrie, gastroentérologie, psychologie psychiatrie  -  [Angl. : Merycismus]   N. f.   * mérycisme : du grec mêrukismos, rumination.  
    Le mérycisme est un trouble psychologique qui se traduit par une forme de rumination et que l'on observe le plus souvent chez les enfants ainsi que chez certains patients psychotiques. Les personnes atteintes de mérycisme provoquent une régurgitation des aliments, suivie de leur mâchonnement. Les psychiatres parlent d'une manifestation névrotique qui pourrait être due à des perturbations d'ordre affectif entre le très jeune enfant et son entourage immédiat. 
    Cette pathologie se manifeste dès les premiers mois de la vie. Ce sont d'abord des vomissements, remplacés très vite par des régurgitations, le matin au réveil, quand l'enfant est seul. Il est très absorbé par cette activité de régurgitation - mâchonnements et semble indifférent à son environnement. Le mérycisme cesse dès que l'on prend l'enfant dans ses bras.
    En ce qui concerne les séquelles, il n'y a pratiquement jamais de retard mental, mais un retard de croissance peut apparaître. L'enfant est pris en charge par des pédopsychiatres et l'évolution est le plus souvent favorable : le mérycisme disparaît généralement vers 1 à 2 ans.     Haut de page

Mimétique   Mimétisme
Médecine générale, biologie  -  [Angl. : Mimetic, like ; Mimicry]   Adj. ; N. m.   * mimétique, mimétisme : du grec mimos [-mimie, -mimétique], qui imite.  
    Dans le monde animal, le mimétisme est un moyen de défense : en effet, certains animaux prennent l'aspect d'autres animaux et ont une décoration qui les rend plus redoutables qu'ils ne le sont en réalité. L'exemple de certains papillons qui ont des dessins imitant de gros yeux sur leurs ailes est bien connu.
L'adjectif mimétique caractérise ce qui se rapporte au mimétisme, mais, utilisé en suffixe, il désigne une substance qui imite l'action d'une autre molécule. Exemple : l'adjectif alphamimétique, utilisé aussi parfois comme substantif, caractérise ce qui imite l'action des récepteurs alpha-adrénergiques (ou alphastimulants). Un exemple : le sulfate de pseudoéphédrine est un sympathomimétique à activité alphamimétique prédominante par rapport à l'activité bêta.
      Par son action vasoconstrictrice, le sulfate de pseudoéphédrine est un décongestionnant nasal, actif par voie orale. Il exerce son effet sympathomimétique de manière indirecte, principalement par la libération de médiateurs adrénergiques au niveau des terminaisons nerveuses postganglionnaires.      Haut de page

Mimique
Psychologie  -  [Angl. : Mimic]   N. f.   * mimique : du grec mimos [-mimie, -mimétique], qui imite.  
    La mimique est l'expression d'idées, de sentiments, par des gestes expressifs ou des jeux de physionomie faciale qui accompagnent ou remplacent le langage oral.     Haut de page

Mitroaortique
Chirurgie cardiaque  -  [Angl. : Mitroaortic]   Adj.   * mitro : du latin mitra, bandeau, bonnet haut et pointu des anciens Perses, relatif à la valve mitrale ; * aortique : du grec aortê [aort(o)-, -aortique], relatif à l'artère aorte.  
    L'adjectif mitroaortique (anc. orthographe mitro-aortique) se rapporte en même temps aux deux valves cardiaques : mitrale (ou auriculoventriculaire gauche) et aortique (ou sigmoïde aortique). Exemple : le remplacement valvulaire mitroaortique qui consiste, chez certains patients, notamment ceux atteints de la maladie de Rendu-Ossler, à remplacer simultanément ces deux valves cardiaques par des endoprothèses.  Coupe du cœur    Haut de page

Modérateur
Physiologie  -  [Angl. : Moderator]   Adj. et n. m.   * modérateur : du latin moderari, de modus [-modérateur], mesure, qui diminue une intensité jugée excessive.  
    Le tonus cardiaque (par exemple) peut être modérateur (ou frénateur) ou accélérateur. Le cœur est un organe autorégulé grâce à 2 nerfs principaux : le pneumogastrique (X) dont les terminaisons sécrètent de l'adrénaline, cardioaccélératrice, et l'orthosympathique dont les terminaisons nerveuses sécrètent l'acétylcholine, cardiomodératrice.    Innervation extracardiaque et centres régulateurs    Haut de page

Molluscum   Molluscum contagiosum   Molluscum verrucosum   Molluscum fibrosum   Molluscum lipomatodes   Molluscum pendulum
Dermatologie, virologie  -  [Angl. : Molluscum, Molluscum contagiosum, Molluscum verrucosum, Molluscum fibrosum, Molluscum lipomatodes, Molluscum pendulum]   N. m.  * molluscum : du latin mollusca, nœud de l'érable à écorce molle. 
    Le terme molluscum désigne maintenant une tumeur flasque et fibreuse de la peau. On connaît davantage le molluscum contagiosum, (ou M. verrucosum) dermatose caractérisée par la formation de tumeurs bénignes, épithéliales ombiliquées, de différentes tailles, dures, qui siègent principalement sur le visage et qui présentent un contenu blanchâtre, semi-solide, constitué de graisse, de cellules épithéliales et de corpuscules parfois encapsulés.
    M. contagiosum affecte surtout les jeunes enfants, mais aussi les adultes qui ont un système immunitaire déprimé. Il se propage essentiellement par le grattage. Son siège de prédilection est le visage, mais aussi l'aisselle, l'aine, la région anale ou génitale. La maladie est chronique, sans symptômes systémiques au cours de son évolution. Elle est contagieuse et due à un virus de la famille des Poxvirus.
    Le traitement, lorsqu'il est nécessaire, peut être un peu douloureux, car il repose sur une destruction locale avec une curette ou l'application d'azote liquide. Cette affection est reconnue comme pouvant disparaître spontanément, mais chez les enfants, elle se propage souvent par le grattage. Compte tenu de sa haute contagiosité, l'éviction scolaire des enfants atteints était autrefois recommandée, mais ne l'est plus aujourd'hui.
    Il existe en fait un nombre important de formes : M. fibrosum  : formation d'une tumeur cutanée fibreuse  dans la maladie de Recklinghausen ; M. lipomatodes : (c'est un xanthome) ; M. pendulum ou fibrome molluscum ou fibrome mou : il s'agit de tumeurs molles non contagieuses, pédiculées, que l'on trouve parfois en abondance sur les plis du cou, de l'aine, de l'aisselle et les paupières des personnes âgées, entre autres.     Haut de page

Molybdène    Molybdénite    Molybdate
Imagerie médicale, biochimie  -  [Angl. : Molybdenum]   N. f.  * molybdène : du grec molybdos, qui signifie plomb, car le minerai dont on l'extrait ressemble au plomb. 
    Dans le tableau de Mendeleïev, c'est l'élément de numéro atomique Z = 42 et de masse atomique A = 95,94 ou 96Mo. De symbole Mo, c'est un métal blanc très dur, qui fond à 2 600°C et qui fait partie des oligoéléments. Pour notre alimentation, les besoins sont de l'ordre de 100 à 200 µg/j. Dans la nature, il est extrait de la molybdénite, minerai de sulfure de molybdène. En imagerie médicale, il constitue l'anode des tubes à rayons X, destinés à la mammographie.
    Apporté par les aliments sous forme de molybdate, il est utilisé dans le foie pour la biosynthèse des molybdoptérines et des molybdoenzymes.   Tableau périodique des éléments    Haut de page

Morula
Embryologie  -  [Angl. : Morula]   N. f.  * morula : mot latin qui signifie petite mûre, du fait de la ressemblance de ce stade embryonnaire avec ce fruit. 
    Dans les 24 heures qui suivent la fécondation, le zygote subit une succession de divisions (mitoses) qui commencent la segmentation. Pendant ces premières divisions, le futur embryon n'augmente pas de volume, mais le nombre des cellules filles ou blastomères augmente. L'embryon est toujours enveloppé par sa zone pellucide.
    Après 40 heures, il y a 4 blastomères et, après environ 4 jours, il y en a 16 ou 32. C'est à ce stade précis que l'embryon est appelé morula car il ressemble à une petite mûre. Par la suite, la morula va acquérir une cavité centrale ou cavité d'absorption ou blastocèle ou blastocœle et absorber du liquide.
    L'embryon est maintenant appelé blastocyste (du grec kustis [-cyste, cyst(o), -cistie], vessie) ou blastula. Il se trouve dans la cavité utérine et va se séparer de sa zone pellucide vers le 6e jour. Le blastocyste interagit avec l'endomètre pour entamer la nidation.     Haut de page

Morve
Physiologie de la respiration, immunité  -  [Angl. : Dirty-nosed, snotty-nosed]  N. f.  * morve : d'origine incertaine : c'est peut-être la forme altérée par métathèse, forme née dans le domaine d'oc, de vorm, "morve du cheval", forme méridionale de gourme. 
    Pour comprendre la formation et le rôle des crottes de nez, un peu d'anatomie. Dans l'étage inférieur des fosses nasales, la muqueuse est particulièrement épaisse et très vascularisée, car elle doit fournir à l'air inspiré les 500 grammes d'eau qui lui sont nécessaire par 24 heures (contrairement à celui qui passe par la bouche, l'air inspiré par le nez est réhydraté avant d'arriver dans les poumons).
    Dans cette muqueuse, de nombreuses glandes produisent un mucus qui, comme les nombreux cils qui tapissent les fosses nasales, a la propriété de retenir et d'agglomérer toutes les particules contenues dans l'air : poussières, pollens, microorganismes, entre autres. Le mucus contient aussi un nombre très important de globules blancs spécialisés dans l'ingestion et la destruction de ces microorganismes : c'est la phagocytose nasale.
    C'est en passant par les fosses nasales que l'air extérieur assèche progressivement ce mélange de mucus, de globules blancs, de poussières et autres impuretés, que l'on appelle la morve et qui forme en séchant, de petits amas, les crottes de nez.     Haut de page

Muguet
Dermatologie  -  [Angl. : Thrush]   N. m.  * muguet : de l'ancien français muguette, également écrit muguage, mugate, mugeite. 
   Par analogie d'aspect avec les fleurs, le mot muguet est entré dans le vocabulaire médical pour désigner une mycose de la bouche, également appelée blanchette et millet. Macroscopiquement, on observe de nombreuses petites ulcérations des muqueuses buccales, recouvertes d'un enduit blanchâtre, dues à Candida albicans. Cette infection est principalement observée chez les nourrissons et les jeunes enfants, mais aussi chez les sujets sous forte antibiothérapie. Les Candida sont des champignons dits "imparfaits" à cause de l'absence de reproduction sexuée qui a sans doute disparu au cours de leur évolution et sont de ce fait classés parmi les Deutéromycètes. À l'examen microscopique, ils présentent à la fois de longs hyphes et des cellules ovales et bourgeonnantes de levures.
    Les candidoses sont essentiellement cutanées ou muqueuses, mais elles peuvent aussi être profondes. Le traitement repose principalement sur des antifongiques et le violet de gentiane.  Candida vu au microscope     Haut de page

Myrmécie
Dermatologie  -  [Angl. : Myrmecia]   N. f.  * myrmécie : du latin myrmecium, du grec murmêkia, verrue, fourmilière. 
   Une myrmécie est une forme de verrue virale, généralement due au PVH 1 (*) dans laquelle la lésion a une surface en dôme, c'est-à-dire une configuration de fourmilière et est associée à des corps d'inclusion intracytoplasmiques dans les cellules épidermiques. Plus connue sous le nom de verrue plantaire, elle se développe préférentiellement chez les enfants. La consultation dermatologique pour déterminer le traitement adapté s'impose.
  (*) PVH 1 : papillomavirus humain type 1, ou en anglais HPV 1 pour human papillomavirus.   Une verrue plantaire       Haut de page