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Dernière modification : 6-02-2020

Man(o)-, main         Du latin manus, terme d'anatomie désignant la main. La main a représenté l'organe essentiel sur le plan fonctionnel (travail) et symbolique : force, autorité, lutte.
Manœuvre de ...     Du latin populaire manuopera, travail avec la main. D'abord écrit "manuevre" (1246), puis "maneuvre" (1309 et "manœuvre" (1409), le mot est formé par opera, "œuvre" et manu, ablatif de moyen de manus, "main".
Méthode de ...        Du latin methodus, du grec methodos : poursuite, recherche. Le grec methodos est lui-même formé de meta et de hodos, "route, voie".


Main - Manipulateur, trice - Manipulation - Manipulation génétique - Manœuvre de Barlow - Manœuvre de Dix et HallpikeManœuvre de Heimlich - Manœuvre de Mofenson - Manœuvre de Valsalva - Manœuvre d'Ortolani - Manœuvre du piston - Manœuvre du ressaut - Méthode de DIX et HALLPIKE - Méthode de HEIMLICH - Méthode de la lame - Méthode de l'éprouvette - Méthode de Mofenson - Méthode d'Ivy

Main
Anatomie  -  [Angl. : Hand]    N. m.  -  * Main : du latin manus, terme d'anatomie désignant la main.   
    La main est la partie distale (la plus éloignée) du membre supérieur ou membre thoracique, rattachée à l'avant-bras par le poignet.
Les os de la main : ils sont au nombre de 27, répartis en trois groupes : le carpe qui comprend huit os, le métacarpe 5 os et les phalanges : 2 pour le pouce et 3 pour les quatre autres doigts.
Les muscles, tendons et ligaments responsables des mouvements de la main et des doigts, notamment ceux de la préhension sont nombreux et complexes et ne sont pas étudiés dans cette rubrique. Quant au réseau sanguin, il est essentiellement formé par les artères radiale et ulnaire, et le réseau palmaire, et le retour veineux : arcades veineuses palmaires superficielle et profonde, veines ulnaire et radiale dans l'avant-bras.
Les doigts, numérotés de I à V sont respectivement le pouce, l'index, le majeur ou médius, l'annulaire et l'auriculaire (petit doigt).   Le squelette de la main         Haut de page

Manipulateur, trice
Rhumatologie, kinésiologie, nombreuses disciplines  -  [Angl. : Operator, technician]    N. m.  -  * Manipul- : du latin manipulus, dérivé de manus, terme d'anatomie désignant la main ; * -ateur : du suffixe -ateur qui sert à transformer des substantifs en adjectifs ou en d’autres substantifs.   
    Les mots manipulateur, manipulatrice, sont synonymes d'opérateur, trice, et désignent des personnels de laboratoire, mais aussi tous ceux qui interviennent sur le corps, comme les kinésithérapeutes, les rhumatologues, y compris certaines professions médicales ou non, comme les ostéopathes, entre autres.      Haut de page

Manipulation   Manipulation génétique
Rhumatologie, kinésiologie, nombreuses disciplines  -  [Angl. : Manipulation ; Gene manipulation]    N. f.  -  * Manipul- : du latin manipulus, dérivé de manus, terme d'anatomie désignant la main ; * -ation : du suffixe -ateur qui sert à transformer des substantifs en adjectifs ou en d’autres substantifs ; * génétique  : du latin et du grec genesis [-gène, -genèse, -génie, -génique, -génisme, -génétique], naissance, formation, qui engendre.   
    On parle de manipulation lorsqu'une personne, médecin, kinésithérapeute, ostéopathe par exemple, mobilise, selon un protocole bien défini pour éviter toute douleur supplémentaire, une ou plusieurs articulations. Dans la plupart des cas, les articulations concernées sont celles de la colonne vertébrale, mais ces manipulations peuvent aussi se faire sur des articulations plus importantes, comme celles de l'épaule, du coude, du poignet pour le membre supérieur, de la hanche, du genou ou de la cheville pour le membre inférieur.
   La manipulation génétique consiste à transférer un fragment d'ADN d'une espèce dans le noyau cellulaire d'une autre espèce. Cette technique est aussi connue sous le nom de génie génétique. Pour plus de détails, voir cette définition.      Haut de page

Manœuvre de DIX et HALLPIKE   Méthode de DIX et HALLPIKE
Otorhinolaryngologie, neurologie  -  [Angl. : Dix-Hallpike maneuver, Dix-Hallpike method]    N. pr.  -  * Dix : du nom du médecin M.R. DIX ; * Hallpike : du nom de Charles Skinner HALLPIKE (pathologiste anglais, né le 19 juillet 1900, mort le 26 septembre 1979) qui ont décrit une névrite vestibulaire en 1949 et 1952.   
    Dans les consultations d'ORL pour les vertiges, l'un des buts du médecin est de définir l'origine centrale ou périphérique des vertiges, ainsi que le type : VPPB (vertige paroxystique positionnel bénin), neuronite ou névrite vestibulaire, maladie de Ménière, labyrinthites, entre autres. 
    Pour le diagnostic d'un VPPB, Dix et Hallpike ont mis au point une manœuvre dite de provocation qui repose s'ur l'observation ou non d'un nystagmus (mouvements oculaires involontaires, plus ou moins rythmés en secousses de direction opposées). La manœuvre : le sujet est assis sur le divan d'auscultation, la tête tournée vers le médecin et le regard fixé sur son front. Le praticien prend fermement la tête du patient entre ses mains et l'incline rapidement en arrière, jusqu'à ce qu'elle soit au-dessous du plan horizontal. Il le relève aussitôt et, après un temps de latence de quelques secondes, le VPPB se produit, provoquant généralement une grande détresse et un nystagmus.
    Ces symptômes régressent spontanément après une dizaine de secondes. La manœuvre est répétée deux ou trois fois et le médecin constate la disparition du vertige et des symptômes associés. À noter que si le VPPB ne se produit pas au premier essai, le patient doit tourner la tête de l'autre côté. Syn. : manœuvre de NYLEN-BARANY.          Haut de page

Manœuvre de HEIMLICH   Méthode de HEIMLICH
Pneumologie, urgence médicale, soins infirmiers  -  [Angl. : Heimlich maneuver, Heimlich method]    N. pr.  -  * Heimlich : du médecin américain Henry Jay HEIMLICH, né en 1920. 
    Chez les grands enfants et les adultes qui ont leurs voies respiratoires obstruées par un corps étranger : manœuvre de HEIMLICH (pour les très jeunes enfants : voir ci-dessous la manœuvre de Mofenson). Principe de la méthode de Heimlich : se mettre derrière la personne en détresse respiratoire (il vaut mieux si possible, qu'elle soit assise). Placer ses deux poings fermés juste au-dessus du nombril, les bras passant sous les côtes. Exercer une pression vive et forte du bas vers le haut et de l'avant vers l'arrière pour provoquer une expulsion brutale de l'air des poumons et des voies respiratoires.
    La manœuvre peut être répétée plusieurs fois en quelques secondes. Important : si la manœuvre ne réussit pas, si la victime reste inconsciente et/ou violette, ou si elle ne ventile pas même après la sortie du corps étranger, pratiquer d'urgence la ventilation artificielle, avec massage cardiaque si le pouls carotidien (au cou) est absent.          Haut de page

Manœuvre d'Ortolani   Manœuvre de Barlow   Manœuvre du ressaut   Manœuvre du piston
Obstétrique, néonatalogie  -  [Angl. : Ortolani maneuver, Barlow maneuver, Ortolani's click, Barlow maneuver]    N. f.  * manœuvre : du latin populaire manuopera, travail avec la main ; * Ortolani : pédiatre italien né le 25 juillet 1904 à Altedo, près de Bologne, mort en 1983. 
    Une luxation est qualifiée de congénitale (ou héréditaire) lorsqu'elle apparaît avant la naissance ou pendant l'accouchement. L'une des formes les plus connues et fréquentes est la luxation congénitale de la hanche ou LCH. Elle résulte d'une malformation de l'articulation coxofémorale (entre le bassin et le fémur), dans laquelle la cavité cotyloïde (la cavité dans laquelle vient se loger la tête du fémur) est insuffisamment développée et n'entoure pas complètement cette tête du fémur. Selon la gravité de cette dysplasie, l'articulation est "simplement" luxable ou luxée en permanence.
    C'est une pathologie qui affecte davantage les filles que les garçons et un test est systématiquement pratiqué à la naissance : il s'agit du signe du ressaut (de l'ancien verbe "ressaillir") ou signe d'Ortolani - pédiatre italien né le 25 juillet 1904 à Altedo, près de Bologne, mort en 1983 - (ou manœuvre du ressaut ou manœuvre d'Ortolani), qui correspond à la réduction brutale de la luxation lorsque le médecin rapproche la cuisse de l'axe du corps.

Technique : le médecin saisit les 2 genoux entre le pouce et l'index en plaçant les 3 autres doigts sur la face externe de la cuisse. Les genoux et les hanches sont fléchis. En imprimant un mouvement d'abduction (écartement d'un membre ou d'un segment de l'axe du corps) on peut percevoir un ressaut dit « de rentrée » signifiant que la hanche est luxée mais réductible : c'est une forme sévère de LCH. Lors du mouvement d'adduction (rapprochement d'un membre ou d'un segment de l'axe du corps) on peut percevoir un ressaut de sortie qui témoigne d'une hanche en place mais luxable : c'est une forme moins sévère de LCH. Ce ressaut peut persister très longtemps.
    Il existe aussi le signe de Barlow ou manœuvre de Barlow, quand le signe d'Ortolani est négatif. Technique : l'enfant est sur le dos, une main tient le bassin et l'autre main saisit la cuisse en abduction. Pendant que la cuisse est maintenue en abduction, la main imprime des mouvements antéropostérieurs (poussée du membre vers le corps puis étirement). On met en évidence le signe du piston qui prouve l'instabilité.
    Ce signe est important lorsque le signe d'Ortolani est négatif, dans les luxations graves. Pas de ressaut, mais sensation de piston. L'un des principaux traitements de la LCH est le port, pendant environ 3 mois, d'une culotte d'abduction appelée aussi culotte d'Ortolani, qui met les cuisses du nouveau-né perpendiculaires à l'axe du corps, dans le plan frontal (celui qui passe par les 2 épaules).          Haut de page

Méthode d'Ivy
Hématologie, médecine biologique  -  [Angl. : Ivy's method]    N. m.  * temps : du latin tempus, qui prend ici le sens de "durée considérée comme une quantité mesurable" ; * saignement : du latin sanguis, sanguinis, sanguinare [sanguin(o)-, -sanguin, -sanguinolent], écoulement du liquide rouge qui circule dans les veines et les artères. 
    Le temps de saignement (TS) est la durée nécessaire pour qu'une incision de dimension et de profondeur standardisées et pratiquée à des fins thérapeutiques ou d'examen, cesse de saigner. Selon la méthode d'Ivy, la plus utilisée, l'incision est pratiquée sur 1 mm de profondeur et 1 cm de longueur, au niveau de la face interne de l'avant-bras et une pression de 40 mm de mercure est exercée par un brassard tensiomètre.
    Une autre méthode dite épreuve de Duke consiste à inciser le lobe de l'oreille à l'aide d'un vaccinostyle, mais son manque de précision fait qu'elle est pratiquement abandonnée. Le temps de saignement est normalement compris entre 4 et 8 minutes et ne devient anormal que pour des valeurs supérieures à 10 minutes, l'hémorragie s'arrêtant spontanément dès que le clou plaquettaire (agrégation des plaquettes ou thrombocytes au niveau de la lésion du vaisseau sanguin) s'est formé.
    Le TS est donc supérieur à la normale en cas de thrombopénie (pas assez de plaquettes dans le sang) ou de thrombopathie (fonctionnement anormal des plaquettes).          Haut de page

Manœuvre de MOFENSON   Méthode de Mofenson
Pneumologie, urgence médicale, soins infirmiers  -  [Angl. : Mofenson maneuver, Mofenson method]    N. pr.  -  * Mofenson : du pédiatre américain Lynne M. MOFENSON, chef du département pédiatrie du National Institute of Child Health and Human Development.  
    En cas d'asphyxie d'un nouveau-né ou d'un très jeune enfant (en-dessous de 5 ans) par la présence d'un corps étranger dans les voies respiratoires, on doit être en mesure de pratiquer la manœuvre de MOFENSON, sachant que les principaux signes d'obstruction respiratoire sont : pas de toux, pas de ventilation, bleuissement.
Principe de la méthode de Mofenson : placer l'enfant qui suffoque en position ventrale sur la cuisse fléchie (la tête de l'enfant pend au-delà du genou). Puis frapper d'un coup sec et fort, avec le plat de la main, entre les deux omoplates pour éjecter le corps étranger des voies respiratoires. Cette opération peut être répétée plusieurs fois.          Haut de page

Manœuvre de Valsalva
Otorhinolaryngologie, soins infirmiers  -  [Angl. : Valsalva maneuver]    N. pr.  -  * Valsalva : du médecin anatomiste italien Antonio Maria VALSALVA (Imola, 17.01.1666 - Bologne, 02.02.1723.
    L'oreille est l'organe le plus souvent atteint par les barotraumatismes (traumatismes liés à des variations brusques et importantes de la pression).  Une simple plongée à quelques mètres de profondeur dans une piscine ou une descente rapide en avion permet de se rendre compte de la réalité d'un barotraumatisme et de la douleur qu'il peut engendrer. La manœuvre de Valsalva concerne surtout les plongeurs en eaux profondes. Schéma de l'oreille externe, moyenne et interne 
    L'oreille externe et l'oreille moyenne ne sont séparées que par une fine membrane : le tympan. Cette oreille moyenne est également reliée au pharynx par l'intermédiaire de la trompe d'Eustache. C'est cette liaison qui permettra d'équilibrer les oreilles lors des variations importantes de pression. La trompe d'Eustache est en général fermée et il y a de l'air enfermé dans l'oreille moyenne. À la surface, la pression de cet air est égale à la pression extérieure, on dit alors que l'oreille est en équilibre.
    Lors de la descente la pression extérieure augmente alors que la pression à l'intérieure de l'oreille reste fixe. Il se crée donc un déséquilibre de pression qui a pour effet de bomber le tympan vers l'intérieur de l'oreille, parfois jusqu'à la déchirure. La manœuvre de Valsalva est l'une des plus simples à réaliser : il suffit de se boucher le nez et de souffler bouche fermée (à faire avec précaution). La pression ainsi créée va ouvrir les trompes d'Eustache et augmenter la pression d'air dans l'oreille moyenne pour l'équilibrer avec celle de l'air extérieur. À noter que l'inverse est également possible lors d'une remontée trop rapide : l'air de l'oreille moyenne sous pression va se dilater et bomber le tympan vers l'extérieur.          Haut de page

Méthode de Hayem   Méthode de l'éprouvette   Méthode de la lame
Hématologie, médecine biologique  -  [Angl. : Hayem's method, Method of the test piece, Method of the blade]    N. m.  * Hayem : du médecin français Georges HAYEM, né en 1841 à Paris, mort en 1933 ; médecin des Hôpitaux, professeur de thérapeutique et de clinique médicale. 
    Le temps de coagulation (ou TC) est la durée mise par une goutte de sang pour coaguler totalement dans une atmosphère normalement humide. La technique utilisée peut être particulièrement simple : la goutte prélevée au bout du doigt est placée sur une lame puis dans une boîte de Pétri contenant un coton humide. Le TC normal est de l'ordre de 10 minutes ; valeurs considérées comme normales : entre 8 et 12 minutes, c'est-à-dire qu'après ce délai, on peut mettre la lame à le verticale, la goutte de sang ne se déforme plus.
    Actuellement, les laboratoires d'analyses médicales et biologiques utilisent le temps de coagulation en tube (ou méthode de l'éprouvette) ou temps de Hayem (ou méthode de Hayem) : dans 3 tubes à hémolyse en verre calibrés, on verse jusqu'à mi-hauteur du sang prélevé par ponction veineuse. Les tubes étant placés verticalement, on surveille la coagulation dans le premier en l'inclinant toutes les 2 minutes, puis toutes les minutes à partir de la 6e minute.
    Quand la coagulation a débuté dans le premier tube, on incline alors le second toutes les 30 secondes jusqu'à la prise en masse complète du liquide. C'est ce second tube qui correspond à la valeur véritable du temps de coagulation. Toute l'opération se fait au bain marie à 37°C, car la coagulation est normalement ralentie pour des températures inférieures. À noter que cette valeur du TC n'est que peu significative, voire obsolète, qu'elle ne présente un intérêt que dans certaines hémophilies sévères et qu'on lui préfère aujourd'hui d'autres examens.          Haut de page