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Dernière modification : 6-02-2020

Mot(o)-, moteur, motricité : du latin motor, celui qui remue, de movere, mouvoir; moteur signifie proprement "ce qui cause le mouvement". De nombreux mots ont été formés avec moto- comme premier élément, ainsi que motrice, motricité, motilité.


Moteur - Moteur (cortex) - Moteur (neurone) - Moteur (trouble) - Moteurs (centres) - Motiline - Motilité - Motilité gastrique - Motilité viscérale - Motoneurone - Motrice - Motrice (aire) - Motrice (fibre nerveuse) - Motricité - Motricité dirigée - Motricité volontaire -

Moteur   Motrice   Motricité
Anatomie, neurologie, physiologie - [Angl. : Motor, Motricity] -  N. f.  * moteur, trice : du latin motor, ce qui cause le mouvement ; * fibre : du latin fibra : filament ; * neurone : du grec neuron [neur(o)-, -neural, -neurie], nerf.
    Les adjectifs moteur, motrice, caractérisent ce qui est capable de provoquer un mouvement ou d'y contribuer. C'est ainsi qu'un neurone moteur va agir sur un muscle, qu'un trouble moteur provoque un dysfonctionnement dans le comportement, la gestuelle d'un patient, entre autres très nombreux exemples.
    La motricité est l'ensemble des fonctions de relation assurées par le squelette, les muscles et le système nerveux, permettant les mouvements et le déplacement. En psychiatrie, le test de motricité permet de mesurer l'activité élémentaire d'un patient.    Haut de page

Moteur (neurone)   Motoneurone    Motrice (fibre nerveuse)   
Anatomie, neurologie  [Angl. : Motoneuron] -  Adj. ; N. m.  * moteur, trice : du latin motor, ce qui cause le mouvement ; * fibre : du latin fibra : filament ; * neurone : du grec neuron [neur(o)-, -neural, -neurie], nerf.
    Dans la classification des fibres nerveuses (voir tableau), il convient de distinguer 2 grands groupes : les fibres nerveuses sensitives qui conduisent les influx nerveux des récepteurs (périphérie) vers le SNC (système nerveux central), donc de façon centripète, et les fibres nerveuses motrices qui, partant du SNC, vont commander les muscles striés et/ou lisses, donc de façon centrifuge.
    Les fibres nerveuses sensitives ou fibres de la sensibilité générale et de la nociception (douleur), sont classées en fonction de leur diamètre (plus il est important, plus la vitesse des influx nerveux y est grande), de la présence - groupe A - ou non - fibres C - de myéline, et de la nature des récepteurs dont elles sont issues.   Les différentes fibres nerveuses 

  Un neurone moteur commence par son corps cellulaire situé dans la substance grise (cortex) et les noyaux gris, se prolonge par l'axone, entouré ou non de myéline, qui constitue la fibre nerveuse proprement dite et se termine par une arborisation terminale qui assure le contact avec un autre neurone (synapse), un muscle (plaque motrice), une glande.     
    Il existe dans les nerfs périphériques deux sortes de fibres nerveuses motrices dont les corps cellulaires sont dans la substance grise de la moelle. On distingue :
    a) - des motoneurones alpha dont l'axone innerve les fibres musculaires squelettiques et sont responsables de l'activité musculaire et du mouvement.
    b) - des motoneurones gamma qui innervent la partie musculaire des fuseaux neuromusculaires qui sont responsables de la régulation du tonus musculaire.     Haut de page

Moteurs (centres)
Anatomie, neurologie  [Angl. : Motor centers] -  Adj.  * moteur, trice : du latin motor, ce qui cause le mouvement ; * centre : du latin centrum [centr(o)-, -centrie, -centrique, -centrisme], centre.
    Notre système nerveux est composé du système nerveux central (SNC) : encéphale et moelle épinière et du système nerveux périphérique (SNP) : nerfs et ganglions nerveux. Les grands centres moteurs et sensitifs se trouvent dans le SNC. Au niveau de l'encéphale, les principales zones motrices, mais aussi sensitives, se trouvent dans le cortex et, pour plus de détails et les schémas de localisation de ces zones, voir l'encéphale et le système nerveux.     Haut de page

Moteur (trouble)
Neurologie, génétique, recherche médicale  -  [Angl. : Motor disorder, Dystonia]   N. m.  * moteur : du latin motor, ce qui cause le mouvement ; * trouble : du latin populaire turbulus, dérivé de turbidus, qui qualifie une personne agitée, bouleversée ; * dys : du préfixe grec dus [dys-], marquant une idée de difficulté ; * tonie : du grec tonos [ton(o)-, tonie, tonine], tension. 
    Un trouble moteur, ou plus exactement une dystonie, est un trouble du tonus ou de la tonicité d'un tissu ou d'un organe. En réalité il existe de nombreuses formes de dystonies, des plus anodines aux plus graves. Il peut s'agir de postures particulières déclenchées par le mouvement ou le maintien d'une attitude. Le torticolis et la crampe de l'écrivain font ainsi partie de ce que l'on appelle les dystonies focales.
    On connaît aussi des formes héréditaires et des formes génétiques telle la dystonie musculaire déformante. De transmission autosomique récessive, elle apparaît chez le jeune enfant dès l'âge de 4 à 5 ans. Appelée aussi dystonie lordotique progressive ou maladie de Ziehen-Oppenheim, elle se caractérise par une dystonie musculaire d'extension et une déformation de la colonne vertébrale.

    Dans la forme dite dystonie primaire généralisée, l'enfant présente très vite des difficultés pour toutes les activités physiques et sportives. Très rapidement, l'enfant se retrouve dans un fauteuil roulant et le décès peut intervenir vers l'âge de 15 à 20 ans.
    Pour cette dernière forme, des recherches sont menées par plusieurs équipes, notamment sur l'électrostimulation cérébrale (premiers essais en 1990). C'est en stimulant le pallidum, zone profonde du cerveau, que des chercheurs neurologues français du CHU de Grenoble ont réussi à enrayer la maladie chez des patients âgés d'une vingtaine d'années, avec une amélioration de 70 à 80%.
    Des électrodes placées dans le pallidum sont reliées à une pile (exactement comme un pace maker cardiaque). De nombreux pays, dont les États-Unis utilisent maintenant cette méthode française pour soigner la dystonie généralisée.     Haut de page

Motiline
Gastroentérologie, endocrinologie  -  [Angl. : Motilin]   N. f.  * motil- : du latin motor, ce qui cause le mouvement ; * -ine : du suffixe -in, -inal(e),  -ine, -inine, servant à transformer un mot ou un adjectif en un autre mot ou substantif. 
   La motiline est une hormone polypeptidique formée de 22 acides aminés, que l'on a isolée dans le duodénum et qui intervient en stimulant l'activité motrice cyclique de l'intestin, c'est-à-dire le péristaltisme.    Haut de page

Motilité   Motilité gastrique   Motilité viscérale
Anatomie, neurologie, physiologie[Angl. : Motility ; Gastric motility ; Visceral motility] -  N. f.  * motricité : du latin motor, ce qui cause le mouvement ; * gastrique : du grec gastêr [gastéro-, gastro-, gastre, gastrie], ventre, estomac ; * viscérale : du latin viscera : intestin, entrailles, relatif aux viscères.
    La motilité est la faculté de se mouvoir et est donc synonyme de mobilité. C'est également l'ensemble des mouvements propres à un organe donné. C'est ainsi que l'on parle de motilité gastrique qui est responsable de la vidange de l'estomac, ou de motilité viscérale (intestin), pour décrire le péristaltisme.
    De l'œsophage jusqu'au rectum, en passant par l'estomac, l'intestin grêle et le côlon, des couches de muscles circulaires et longitudinaux provoquent un double mouvement de contraction et de progression (à la manière d'un tube de pâte dentifrice que l'on voudrait vider) qui font progresser le bol alimentaire, puis le chyle, le chyme et les matières fécales. Ce sont les ondes péristaltiques qui caractérisent la motilité du tube digestif.  Haut de page

Motricité dirigée   Motricité volontaire    Aire motrice    Cortex moteur
Anatomie, neurologie, physiologie - [Angl. : Voluntary motricity, voluntary motor skills ; Motor area, driving area] -  N. f.  * motricité : du latin motor, ce qui cause le mouvement ; * volontaire : du latin voluntas, voluntatis, faculté de pouvoir se déterminer à faire ou à ne pas faire ; * aire : du latin area [aire], portion de surface ; * cortex : du latin cortex, corticis, écorce, racine des termes relatifs au cortex (cérébral, surrénal).
    L'imagerie médicale et les observations lors de stimulations du cortex cérébral ou d'AVC (accidents vasculaires cérébraux), ont mis en évidence l'existence d'une aire motrice ou cortex moteur, qui est le point de départ des mouvements volontaires. Cette zone, responsable de la motricité volontaire ou motricité dirigée, est composée d'aires distinctes, commandant chacune les mouvements d'une partie du corps.
    Le cortex moteur est en contact synaptique direct avec les neurones de la moelle épinière et ces voies motrices sont croisées (voir ci-dessous la décussation), ce qui fait que la commande est controlatérale : l'aire motrice droite commande la partie gauche du corps et inversement.
    L'ensemble des voies motrices constitue le faisceau pyramidal ou corticospinal (FCS), qui est la grande voie de la motricité volontaire. La plus grande partie des fibres de ce faisceau naissent des grandes cellules pyramidales du cortex moteur et de l'aire motrice supplémentaire, une petite partie dans le cortex sensitif somatique. Les fibres destinées aux muscles de la face et de la langue ne quittent pas le volume crânien. Le FCS traverse la corona radiata ou couronne rayonnante au centre du cerveau, autour de la capsule interne, puis traverse cette capsule, le tronc cérébral et atteint le bulbe. C'est là que les fibres nerveuses forment la pyramide antérieure du bulbe ou pyramide bulbaire et c'est ce qui justifie que le faisceau corticospinal s'appelle aussi le faisceau pyramidal.
    À ce niveau ne passent donc plus que les fibres destinées au corps (tronc et membres, surtout supérieurs) et 80% d'entre elles subissent une décussation (croisement en X) puis descendent du côté controlatéral de la moelle dans le FCSL ou faisceau corticospinal latéral. Une partie (environ 10%) des fibres gagnent le faisceau corticospinal latéral du même côté.
    Au niveau de la corne antérieure grise controlatérale de la moelle épinière, les axones du FCSL communiquent avec les fibres  α (alpha) et γ (gamma) qui vont vers les muscles des membres.      Les principales aires cérébrales    Le faisceau pyramidal     Les aires corticales selon Brodmann